Le mot du président

Courir est une « chance » physique, un challenge, un luxe, une violence à soi et à l’environnement et peut-être un objet addictif.

Nombreux sont les candidats à la course, mais peu sont élus et encore peu nombreux sont ceux qui franchissent la ligne d’arrivée.

Courir, ce n’est pas marcher. Mais pour courir, il faut pouvoir marcher avec deux chevilles, deux genoux et deux hanches en bon état et un bon appareil cardio-respiratoire.

Il y a ceux qui courent une fois et ceux qui courent tout le temps.

On ne naît pas coureur, on apprend et on devient coureur.

Courir se prépare, s’organise, exige beaucoup d’entraînements, soit seul, soit en groupe, soit avec l’aide d’un coach.

Mais le jour J, on est seul, malgré les encouragements du groupe, des amis et du public.

Il est compréhensible de ne pas pouvoir courir quand on souffre d’obésité en raison des chocs provoqués par les impacts au sol au niveau des chevilles, des genoux et des hanches. Les dernières tentatives de faire courir des personnes obèses ou en surpoids n’ont pas été concluantes. Par ailleurs le sport ne fait pas maigrir.

On a fait le tour de toutes les techniques de course et de tous les types de coureurs.

Un nouveau groupe de course vient de surgir dans le paysage de la course : des opérés de chirurgie bariatrique qui ont perdu beaucoup de kilos de graisses et de muscles et qui ont désormais une nouvelle anatomie du tube digestif et des troubles digestifs spécifiques (dumping syndrome, carence vitaminique, troubles du transit intestinal….)

Relevant un défi que je leur ai lancé, ils étaient 6 en 2015, 15 en 2016 et 22 en 2017.

Ces 3 éditions nous ont permis de relever leurs particularités, leurs problèmes qui sont différents des coureurs habituels non opérés.

Pour la plupart, il s’agit d’un défi après une perte de poids importante, signe d’un changement de vie. Pour d’autres, courir est devenu une véritable addiction (bigorexie) pour ne pas reprendre du poids.

Pour les aider relever ce grand défi, ils ont été accompagnés  d’un conjoint, d’un ami, d’un parent. Cette année les accompagnants (26) représentaient la moitié du groupe.

J’ai décidé de rassembler tous ces nouveaux coureurs dans une association COURIR CONTRE L’OBÉSITÉ afin de  réussir le mariage course à pied et chirurgie bariatrique dans de bonnes conditions.

Docteur SODJI Maxime

23 Juin 2017